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Gestion des risques d’approvisionnement lors des processus manufacturiers

Résultat d’une enquête sur l’état des pratiques et les besoins

La gestion des risques d’approvisionnement induits par les fournisseurs et leur impact sur des chaînes de processus industriels complexes sont actuellement encore mal évalués et gérés par les entreprises, en particulier les PMEs. Dans le cadre du projet CORNET SimQRi, le CETIC a mené conjointement avec l’Institut Fraunhofer une enquête auprès de PMEs wallonnes et allemandes dans le but d’établir un état des lieux des pratiques de gestion des risques et des besoins associés.

Cet article présente une synthèse des différents types de risques, de la manière de les gérer actuellement et des besoins permettant de mieux les maîtriser. Une version plus complète de l’analyse est disponible sur le site web du projet

Panel d’entreprises

L’enquête a été menée d’octobre 2014 à fin janvier 2015 via un formulaire trilingue (français, allemand, anglais) diffusé via divers canaux en Wallonie et en Allemagne. Environ 70 entreprises ont répondu à l’enquête qui était anonyme par défaut mais permettait aussi d’enregistrer les données de contact des entreprises intéressées à suivre le projet. La répartition des entreprises est équilibrée entre la Belgique et l’Allemagne (étant données les tailles respectives des secteurs dans ces pays). Une grande variété de secteurs industriels manufacturiers a été couverte, sans prédominance marquante d’un secteur. La majorité des entreprises est de taille moyenne (entre 50 et 250 employés). Les entreprises wallonnes sont de plus petite taille, ce qui correspond bien à leur tissu économique. Notons cependant que le secteur manufacturier wallon comporte plus d’entreprises de taille moyenne que les autres secteurs industriels (UWE11)

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Figure 1. Caractérisation des participants

Principales caractéristiques de l’approvisionnement

Les entreprises ayant répondu à l’enquête étaient en majorité des manufacturières de produits finaux, mais un nombre significatif d’assembleurs étaient également présents et, dans une moindre mesure, des fournisseurs de pièces (voir figure 2). Par rapport au nombre de fournisseurs de chaque entreprise, on constate un nombre plutôt élevé de fournisseurs en moyenne, il y a en effet autant d’entreprises ayant moins de 100 fournisseurs que d’entreprises ayant plus de 100 fournisseurs. Ce nombre est révélateur du besoin d’avoir des méthodes et des outils capables de gérer une base de fournisseurs importante.

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Figure 2. Caractérisation de l’approvionnement

Type de risques à gérer

Au niveau des risques les plus prioritaires à gérer au niveau du processus de manufacture global (haut de la figure 3), les entreprises ont établi leur top 3 sur les risques de qualité (produits ne rencontrant pas les exigences de qualité du cahier des charges), suivi des risques de fourniture (contraintes liées au volume et aux délais exigés par le client) et enfin les risques liés à la demande (directement lié à l’approvisionnement). En considérant plus spécifiquement le point de vue des processus d’approvisionnement (c’est-à-dire, en amont de la fabrication) le bas de la figure 3 montre un top 3 similaire pour les risques mais avec en premier et de manière assez logique, les risques liés à l’approvisionnement. Les autres risques intervenant dans une moindre mesure sont les risques économiques (ex. faillite d’un fournisseur), politiques (liés à la situation politique d’un pays ou d’une région), de transport (possibilité de perte ou de délai dans l’acheminement) ou d’emmagasinage (perte ou dégradation lors du stockage).

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Figure 3. Gestion des risques globaux et fournisseurs

Outillage actuels et souhaité

Le graphe central de la figure 4 illustre la situation actuelle en matière d’utilisation d’outils de gestion des risques. Il révèle qu’une grande majorité de PMEs ne dispose d’aucun outil dédié ou plus précisément qu’elles se reposent essentiellement sur des outils de bureautique standard tels que des tableurs. À peine plus de 10% disposent d’un outil dédié pour la gestion des risques. Les principaux freins sont le coût mais aussi l’expertise nécessaire pour arriver à maitriser ces outils. Le principal souhait ressortant de l’étude est la disponibilité d’un outil abordable, facile à apprendre et à administrer (notamment par une interface web) et ne nécessitant pas d’expertise en programmation.

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Figure 4. Outils : utilisation et forces/faiblesses perçues

Prochaines étapes

Sur base de cette enquête, le projet SimQRI développe actuellement un prototype d’outil permettant d’évaluer l’impact de différents risque sur base des recommandations issues de l’enquête. Le prototype conçu disposera notamment des fonctionnalités suivantes :

  • une modélisation simplifiée des processus d’approvisionnement et de fabrication. La modélisation est basée sur un éditeur web graphique.
  • une simulation par événements discrets efficace basée sur la méthode de Monte-Carlo avec l’inférence de la distribution de probabilité des différents types de risques.
  • la possibilité pour l’utilisateur d’explorer diverses variantes d’un processus existant afin d’y optimiser la gestion des risques.
  • différents types de rapports facilitant l’analyse des risques et la comparaison de variantes.

L’outil devrait être mis à la disposition du comité des utilisateurs du projets dans le courant du mois de septembre 2015 avec quelques validation partielles durant l’été. Le comité des utilisateurs du projet est ouvert à toute entreprise intéressées. Si vous êtes intéressé, vous pouvez nous contacter