Objectifs
Le vieillissement de la population dans nos sociétés modernes conduit à maintenir le plus possible les personnes âgées à domicile. Bien qu’elles soient globalement capables de s’organiser de façon indépendante, il est nécessaire pour certaines d’entre elles d’observer leurs activités dans leur vie quotidienne, telles que leur sommeil, la cuisine, leur toilette, etc…
Le but de ce projet est d’étudier et de prototyper un système qui peut automatiquement détecter les activités de vie quotidienne des personnes âgées à domicile. Cette détection automatique repose sur des mesures réalisées via des capteurs sans contact (et donc non intrusifs) qui sont installés dans la maison. Dans le cadre de ce projet, nous utilisons des capteurs qui mesurent la consommation d’eau, de gaz et d’électricité, des capteurs utilisés dans des systèmes de sécurité (capteurs de présence infrarouge par exemple), et des caméras vidéo. Le projet débouchera sur un prototype qui sera évalué par des pilotes en situation réelle chez des personnes volontaires.
Le projet entend utiliser les mesures des différents types de capteurs pour détecter des modifications dans le comportement des personnes âgées. Ces modifications peuvent être critiques (telles qu’une chute par exemple, ou une absence de repas ou de toilette dues à une forte maladie), ou progressives, tels que des troubles du sommeil, des baisses d’activités qui peuvent alerter à propos d’un manque graduel d’indépendance ou l’apparition de premiers signes de démence sénile. Ainsi, par exemple, les pertes de repères temporels sont généralement les premiers signes de démence et peuvent être identifiés, par exemple, par le fait que la personne se mette à cuisiner au milieu de la nuit ou ne se lève pas à l’heure habituelle. Ces événements peuvent être détectés via la consommation électrique (lumière, gaz, etc) ou via un détecteur de présence par exemple. L’information sur ces activités et les changements de comportement doivent alors être fournis aux personnes en charge de la surveillance (personnel médical, paramédical ou la famille) pour apporter les soins et améliorer les conditions de vie des personnes âgées. En cas d’accident tel qu’une chute ou un malaise lié à un problème médical, le système AMACS permettra également de déclencher des alertes vers les bons intervenants.
Le but ultime du projet est donc d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées à domicile en permettant une prise en charge optimale grâce à une surveillance permanente de signes et de leurs évolutions. L’infrastructure développée dans le projet autorisera également des services élargis, tels qu’une surveillance à des fins de sécurité (cambriolage ou oubli de fermeture du gaz par exemple) ou d’optimisation de la consommation énergétique, ce qui rassure la personne âgée et ses proches quant à sa capacité à rester chez elle.
Rôle du CETIC
Les partenaires wallons et le CETIC en particulier se concentrent sur la plate-forme chargée de recueillir les événements liés à ces activités et de les communiquer aux différents intervenants : familles et amis, médecins généralistes, infirmières et autres personnels paramédicaux de première ligne tels que des kinésithérapeutes par exemple. Ils prennent également en charge l’adaptation de solutions informatiques pour médecins généralistes ou infirmières pour la prise en compte de ces événements.
Les partenaires wallons se sont associés sur un sous-ensemble cohérent du projet pour lesquels ils mèneront un travail de définition d’interface en fonction des règles de sécurité et de respect de la vie privée qui sont essentielles dans ce secteur. En particulier, les interfaces seront compatibles avec le Réseau Santé Wallon (RSW) et le réseau fédéral eHealth. Une fois les interfaces définies, le CETIC et Intersysto prototyperont la plate-forme d’échange tandis que PCSOL adaptera son logiciel pour médecin généraliste et Smolinfo son logiciel pour infirmière libérale. Les partenaires wallons intégreront leurs contributions ensemble pour démontrer la chaîne complète.
Valeur ajoutée du projet pour les entreprises
Les systèmes de télémédecine pour personnes âgées à domicile font l’objet d’intenses recherches depuis plusieurs années (notamment via les projets européens du FP6 et du FP7) et sont considérés comme vitaux pour assurer les meilleures conditions de vie pour une fraction toujours croissante de la population en fonction du vieillissement. Permettre à des personnes de vivre à domicile lorsqu’elles le souhaitent même si elles éprouvent quelques difficultés à cause de l’âge et certaines maladies chroniques n’est pas qu’un élément de confort pour ces personnes mais a également un impact important sur le coût des soins de santé car les systèmes d’assistance envisagés par ce projet ont un coût marginal par rapport aux maisons de repos médicalisées et les hôpitaux. Prenant en compte l’impact du vieillissement - 800.000 wallons ont plus de 60 ans déjà aujourd’hui, il y en aura 1.370.000 en 2060 -, ces systèmes sont donc appelés à un grand succès. L’équipement d’une maison représente un investissement de quelques centaines à quelques milliers d’euros selon les besoins, le marché sera vite très important et il est essentiel que les entreprises wallonnes se positionnent rapidement sur le secteur.
L’eHealth est un domaine pour lequel il existe de solides opportunités en Wallonie. En effet, le secteur est clairement émergeant et les pistes d’exploitation restent très ouvertes aujourd’hui. Par ailleurs la recherche dans le secteur est très active dans la région, les PMEs nombreuses sur le sujet, et la pression économique sur les soins de santé ouvre ici la voie à des solutions innovantes. Les discussions et la normalisation au niveau régional et fédéral sur les réseaux informatiques de santé sont plutôt en avance sur les pays voisins (la France en tout cas), ce qui offre des possibilités aux entreprises wallonnes de se positionner comme pionnières non seulement en Wallonie mais aussi en Europe. L’approche expérimentale validée par des pilotes en situation réelle permettra également d’accélérer la mise sur le marché de solutions industrielles à partir des résultats du projet.
Les partenaires wallons qui participent à ce projet veulent anticiper ce mouvement : Intersysto installe aujourd’hui des systèmes de gestion des les maisons de repos tandis que PCSol et Smolinfo s’adressent aux personnels médicaux et paramédicaux sans lien actuellement avec les réseaux liés aux patients.
Intersysto est actuellement focalisé sur la gestion des maisons de repos. D’une part, le projet AMACS lui permettra d’ajouter la connaissance des événements d’activités de vis quotidienne propres à ce projet et qui ne sont pas traités actuellement par les solutions classiques ; d’autre part, le projet donnera à Intersysto des perspectives d’exploitation vers des cas d’utilisation plus larges tels que pour les personnes à domicile.
PCSOL développe actuellement une solution informatique pour la gestion des dossiers médicaux pour médecins généralistes. PCSOL est très intéressé par son extension vers des intervenants extérieurs tels que le personnel paramédical ou le patient lui-même.
Smolinfo est dans une position comparable à PCSOL. Il est intéressé par étendre son logiciel Wivine pour infirmières à la communication avec d’autres intervenants médicaux ou paramédicaux ainsi que de se préparer aux évolutions du Réseau Santé Wallon et du réseau fédéral eHealth lorsque les modèles seront étendus aux personnels paramédicaux.
Factsheet
| Budget CETIC | 149 800 € |
| Durée du projet | 36 mois |







